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A la rencontre de Jérémy OLIVIER, chef de département chez Ile-de-France Mobilités

Jérémy OLIVIER, chef du département Transition énergétique et Performance d'exploitation chez Ile-de-France Mobilités, nous a fait part de son retour d'expérience sur la transition énergétique en Ile de France, via l'exemple des transports publics.

 

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la mission d’Ile-de-France Mobilités et sur votre parcours dans cette institution ?


Ile-de-France Mobilités (ex-Syndicat des Transports d’Ile-de-France) est un établissement public administratif sui generis. J’anime le département Transition énergétique et Performance d’exploitation depuis sa création en 2018 et auparavant, et j’étais chargé du pilotage de contrats d’exploitation Bus en grande couronne.


Initialement centré sur l’organisation et le financement des transports en commun, ses compétences se sont étendues à l’ensemble des mobilités (c'est-à-dire le covoiturage, la location de vélos, etc.), depuis la loi LOM (loi d’orientation des mobilités du 26 décembre 2019). Notre établissement détient la compétence exclusive sur l’ensemble de l’Ile-de-France, alors qu’elle est partagée par plusieurs autorités organisatrices dans les autres régions. Les décisions sont prises au sein d’un conseil d’administration constitué de représentants de la région Ile-de-France, des départements, de la Ville de Paris, des intercommunalités, de la chambre de commerce et des usagers.


Le budget d’Ile-de-France Mobilités est de 14,7 Mds € en 2022 et il s’inscrit dans un contexte de baisse des ressources financières, affectées par les confinements successifs en 2020 et par l’essor du télétravail. Fin 2021, la fréquentation était revenue à 80% de son niveau habituel avant la crise sanitaire, même si certains départements comme la Seine-Saint-Denis sont revenus à des niveaux plus proches de la normale.


Quel est l’impact de la transition écologique sur les activités d’Ile-de-France Mobilités ?


Dès 2014, la RATP s’était lancée dans le « Plan Bus 2025 » qui consistait à remplacer son parc de véhicules diesel par des véhicules propres, fonctionnant à l’électricité ou au gaz. L’objectif était de se doter de 4 800 véhicules propres, Ile-de-France Mobilités a depuis étendu ce projet pour à l’ensemble de la région Ile-de-France, quels que soient les territoires desservis. Nous reprenons également et progressivement la compétence d’achat des véhicules, détenue auparavant par les opérateurs de transport, et avons déjà fait l’acquisition de plus de 600 autobus et autocars dont nous en sommes désormais propriétaires contrairement à auparavant, charge aux opérateurs de veiller à leur bon entretien, ce qui a représenté un budget de 200 M€ environ.


L’objectif d’Ile-de-France Mobilités est double : poursuivre le verdissement du parc d’autobus en adaptant les infrastructures. Notre slogan est le suivant : « Il n’y a pas de bus propre sans dépôt propre », ce qui signifie qu’il faut d’abord convertir les infrastructures avant de faire rouler les bus propres. Les dépôts de bus doivent être équipés de chargeurs électriques – ce qui suppose d’avoir une puissance assez conséquente (les rechargements tirent sur le réseau la nuit) ou être alimentés en gaz naturel, ce qui nécessite d’installer des stations de compression et de se relier au réseau de gaz. Ile-de-France Mobilités soutient ainsi le développement la filière de méthanisation francilienne, ce qui nous permet d’utiliser aussi du biométhane.


Rythme de conversion des centres opérationnels (source : Ile de France Mobilités)


Le 2ème objectif porte sur la conversion du matériel roulant, avec une cible de 100% de véhicules propres dans les zones denses en 2025 et de 100% de véhicules propres dans toute l’Ile-de-France en 2029. Il s’agit des bus électriques, au gaz et hybrides. Ce sont 10 500 véhicules qu’il faudra convertir à l’horizon 2029.


Au cours des cinq dernières années, 450 M€ ont d’ores et déjà été investis dans la transition énergétique des autobus et autocars d’Ile-de-France.


Constatez-vous des bénéfices de cette politique en termes de consommation énergétique et sur le plan environnemental ?


Oui. Chaque mise en service de bus électrique ou fonctionnant au gaz permet de réduire de plusieurs tonnes les émissions de CO2 chaque année. Plusieurs milliers de tonnes de CO2 sont ainsi évitées chaque année, ce qui donne aussi du sens à la mission de nos chargés de projet.

L’économie circulaire tend aussi à se développer et l’idée est de valoriser les matériaux des bus qui sont retirés de la circulation. On y récupère notamment plusieurs kilomètres de fil de cuivre, plusieurs kilos de métal et de plastique. L’équipe y trouve également du sens.


Quelles ont été les conséquences de cette nouvelle politique sur vos besoins de compétences ?


Nous disposions de compétences sur les véhicules, mais pas de compétences spécifiques dans le domaine énergétique. Lors de la création du département Transition énergétique et Performance d’exploitation, il nous a fallu créer des fiches de poste de Chargé de projet Transition énergétique et recruter. La mention « transition énergétique » a été ajoutée à la fiche de poste pour attirer davantage de profils. Nous avons recruté trois personnes, dont deux jeunes diplômés issus d’écoles d’ingénieurs et une personne ayant plus de séniorité issue d’un constructeur de bus.


Deux nouveaux postes de Chargé de projet Transition énergétique viennent d'être créés et ils sont à pourvoir actuellement. Toutes les candidatures des personnes motivées pour rejoindre le service public et prendre part à ce beau projet à forte résonnance sociétale et environnementale sont les bienvenues !


Quelles sont vos perspectives ?


La conversion des dépôts s’étendra jusqu’à la fin de la décennie. Une fois tous les dépôts convertis, nous serons sur notre rythme de croisière. Il pourra y avoir aussi des évolutions dans le domaine énergétique, comme l’hydrogène. Cette source d’énergie est encore balbutiante, mais elle arrivera à maturité d’ici 7 à 10 ans. Il est probable que la réglementation continue d’évoluer dans les prochaines années et il faudra s’adapter. Nous commençons enfin à réfléchir à notre programme d’investissements à l’horizon 2040, ce qui est un bel exercice de prospective.



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Master 2 Executive Gestion des Ressources Humaines et
Relations de travail -
CIFFOP - Promotion 2021/2022
 

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